Le projet
Sur un peu plus de onze kilomètres carrés, Camaret-sur-Mer réunit une tour de Vauban inscrite au patrimoine mondial, une chapelle de marins et ses ex-voto, des falaises protégées par une réserve naturelle, un cimetière de bateaux, d'anciennes conserveries devenues logements, des chants et la mémoire de milliers de gens qui ont travaillé ici. Chacun de ces patrimoines a ses passionnés, ses gardiens mais il manque un lieu pour les tenir ensemble.
Un projet collectif et pédagogique
Les séparer, c'est passer à côté de l'essentiel : ils racontent tous la même chose, celle d'un territoire littoral qui se transforme vite. Camaret comptait 3 593 habitants en 1968 et elle en compte aujourd'hui moins de 2 500. Avec quatre logements sur dix en résidences secondaires la participation des usagers a la vie locale ainsi que la connaissance de lhistoire baisse considerabelementp. La flotte langoustière (75 bateaux en 1904, plus d'une centaine dans les années 1930) était réduite à cinq unités en 1980, la pêche s'est arrêtée en 1990. Le trait de côte recule, l'activité se concentre sur deux mois d'été et les savoir-faire s'en vont avec celles et ceux qui les exerçaient.
Le MuCam ne sera donc ni un musée de la mer, ni un musée d'histoire locale. Ce sera un lieu où l'on se réunit pour reflechir ensemble a comment habiter les littoraux au XXIe siècle ? Les patrimoines n'y sont pas une fin en soi mais ce dont nous disposons pour comprendre ce qui nous arrive, en discuter entre habitants et imaginer des solutions.
Un projet né d'une vente
En janvier 2025, l'ancien atelier de mécanique marine Le Roy, au 15–16 quai Kléber est mis sur le marché. Occupée sans interruption par des activités portuaires depuis 1743 (entrepôt d'armateur, conserverie de sardines, chantier naval, puis mécanique marine) cette parcelle est l'une des dernières de Camaret où le travail se lit encore dans les murs avec la Salle de Venise attenante, tour à tour salle de bal, café, halle à marée puis lieu d'exposition depuis 1985.
Nous sommes comvaincus que le port se lit d'abord dans ses bâtiments et lorsqu'ils changent d'usage sans que rien ne soit gardé, ce sont les gestes, les métiers et la mémoire ouvrière qui s'effacent avec eux, jusqu'à ce que le quai ne raconte plus rien. Installer le futur MuCam dans ce lieu, c'est faire le choix de conserver ces traces et garder le port lisible, pour celles et ceux qui y vivent comme pour ceux qui le decouvre en arrivant. Découvrir l'intérêt patrimonial du 15–16 quai Kléber.
Un musée qui donne envie d'aller voir ailleurs
Le MuCam ne cherchera pas à tout rassembler sous un même toit. Les patrimoines de la presqu'île sont dehors : dans les falaises, dans les blockhaus, dans les bateaux, dans les chants, dans les cuisines. Ce qu'un nouel equipemetn culturel peut faire, c'est donner les clés de comprehension.
On y entrerait pour comprendre comment tout cela tient ensemble. On en ressortirait avec l'envie d'aller voir la géologie à la Maison des Minéraux, de monter à la tour Vauban, de pousser jusqu'au Musée mémorial de la bataille de l'Atlantique à Pen-Hir, de prendre la mer avec ceux qui la connaissent.. ou simplement d'aller danser un soir de fest-noz et de comprendre, devant un plat de sardines, qu'on est aussi en train de participer au patrimoine.
La collection n'est pas une fin en soit : c'est une porte vers lexistant !
Quatre missions
- Comprendre : par les collections, les mémoires, les paysages et la recherche.
- Transmettre : auprès des habitants, des scolaires, des visiteurs et des professionnels, l'éducation étant au cœur du projet.
- Imaginer : en accueillant chercheurs, artistes, artisans, designers, associations et collectivités pour expérimenter des réponses aux transformations du littoral.
- Réunir : en orientant vers les lieux, les institutions et les pratiques où ces patrimoines s'expriment déjà.
Concrètement : un musée à taille humaine, ouvert toute l'année, répondant aux normes de conservation et d'accueil du public, capable de recueillir les collections aujourd'hui dispersées chez les particuliers et de documenter les mémoires locales. Avec un parcours permanent, des expositions temporaires, des ateliers, des résidences, un centre de ressources documentaires, un café et une librairie ouverts sur le quai.
Les patrimoines représentés

Patrimoine maritime
Vie des ports, bateaux, chantiers navals, pêche à la sardine et épopée langoustière.

Patrimoine militaire
Défenses littorales et héritage de Vauban, en écho aux sites emblématiques de la commune.

Patrimoine sacré et religieux
Chapelles, églises, processions, ex-voto marins et objets de dévotion qui ont façonné le territoire.

Patrimoine naturel
Paysages littoraux, falaises, géologie et biodiversité qui font l'identité de Camaret-sur-Mer.

Patrimoine immatériel
Récits des habitants, chants, musiques, langues, savoir-faire, toponymie et fêtes locales.

Patrimoine vernaculaire
Bâti du quotidien : lavoirs, puits, murets, chemins, ateliers et lieux de sociabilité.

Patrimoine artistique
Tableaux, poèmes, dessins, photographies et créations contemporaines inspirées de Camaret.
L'association
MuCam2028 a été créée le 20 mars 2026 et déclarée en préfecture sous le numéro RNA W292008202. Elle réunit tout de suite plus de cinquante membres (habitants, anciens professionnels de la mer, associations et acteurs du territoire) et fonctionne sur le seul engagement bénévole. L'adhésion est gratuite et ouverte à tous.
Depuis la réunion publique du 19 septembre 2025, le projet est sorti du papier : assemblée générale publique en avril 2026, ouverture des adhesions, preparation dune exposition de projet.
L'association n'a pas vocation à gérer le futur musée dont la gouvernance reste à construire avec la commune et les partenaires du territoire. Elle est en revanche prête, dès aujourd'hui, à prendre en charge un lieu de préfiguration : un espace où l'on collecte, expose et transmet avant même que le musée existe.
2028
C'est l'échéance que l'association s'est fixée à elle-même. D'ici là,l'equipe s'engage à ce que quatre conditions soient réunies :
- un projet scientifique et culturel écrit et partagé
- un site sécurisé, avec un scénario foncier clarifié
- un montage financier établi et documenté
- une gouvernance constituée pour porter la réalisation
Autrement dit : qu'en 2028, le MuCam ait cessé d'être une hypothèse. L'année marquera aussi les vingt ans de l'inscription de la tour Vauban au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Participer
Le projet se construit avec celles et ceux qui vivent, travaillent ou passent sur la presqu'île. Adhérer prend deux minutes et ne coûte rien : c'est la façon la plus simple de montrer que ce musée est attendu.